/Séries/Les petites nouvelles de 2016 qui valent le coup

Ça fait bien trop longtemps que je n’ai pas écrit ici, alors pour me faire pardonner je vous fais un article compilation. La fin de l’année approche, et même si certaines saisons évoquées ici ne sont pas finies, c’est le moment propice à un petit récapitulatif sur les nouvelles séries de 2016 qui m’ont plu ! Plus ou moins triées par ordre d’appréciation.

Atlanta

Poster promo de la série, les 3 personnages principaux sont assis sur un canapé dans l'herbe

Cette série a été créée par Donald Glover (qui n’est autre que le rappeur Childish Gambino, qui jouait aussi dans Community). Il y incarne un sympathique looser des quartiers tendus d’Atlanta qui décide de manager son cousin qui se met à buzzer dans le rap. La série est plutôt en mode ‘scènes de vie’ qu’en mode histoire complexe. On y retrouve l’humour décalé de Glover, jamais à sa place, trop noir pour les blancs et trop geek/absurde pour ses potes. Ça donne un ton frais et intelligent qu’on voit rarement à la télé (surtout concernant le milieu hip-hop criblé de clichés de gangsta rap qui ne correspondent plus à rien), et je pense qu’en premier lieu c’est ce qui me plaît. Pas tout à fait un chef d’oeuvre, mais clairement une des séries les plus agréables à regarder cette année. En exagérant un peu le trait, ça pourrait ressembler un peu à Louie, mais où le standup serait remplacé par le hip-hop, et l’univers serait un peu plus swag.

Westworld

Affiche de la série westworld

S’inspirant du film du même nom écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973, Westworld la série réussit le tour de force de n’en extraire que le bon et de réécrire tout le reste. En effet le film avait un concept de base magnifique mais un script très simpliste et la fin du scénario était autant prévisible que peu nuancée. La série pour sa part joue sur une intrigue à plusieurs niveaux, et la finesse psychologique des personnages est très prometteuse.

L’histoire est celle d’un parc d’attraction utilisant des robots pour peupler un immense resort recréant le far west et ses intrigues pour des visiteurs fortunés, avides de briser la monotonie de leurs petites vies en tirant sur et fourrant tout ce qui bouge, sans conséquences fâcheuses.

Le traitement de l’intelligence artificielle rappellera probablement un peu Ex Machina. Les acteurs sont sublimes (notamment Anthony Hopkins, rien que ça). La réalisation et les images sont parfaites. L’univers du far-west est largement un de ceux qui me gonflent le plus facilement habituellement, mais ici ce monde à deux étages est très captivant.

À l’heure où j’écris ces lignes seuls les 5 premiers épisodes sont sortis, je croise donc très fort les doigts pour que la suite soit à la hauteur, mais jusque là j’ai pris beaucoup de plaisir.

Horace and Pete

Scène de la série, 3 personnages sont assis à une table de bar face à la caméra

Décidément Louis CK n’est jamais très loin de mon p’tit coeur. Il faut dire que c’est probablement le seul humoriste/comédien américain qui ne m’a -presque- jamais déçu, autant dans la justesse de ses propos que dans ses spectacles. C’est donc avec une curiosité toute particulière que je me suis rué sur ce show.

J’ai d’abord été très décontenancé par la forme. Exit les plans cinématographiques à gros budget de Louie, ici on renoue avec les séries comiques à l’ancienne, années 80/90, 3 plans fixes, couleurs sombres loin du sous-contrasté à la mode, peu ou pas d’habillage. On entend même parfois les micros grésiller.

Passé le choc de la forme, on s’intéresse un peu à ce qui se passe, et on comprend que ce choix technique est probablement voulu. Quand rien ne divertit l’oeil et l’oreille, on ne peut faire qu’une chose: écouter ce que les personnages ont à raconter. Et c’est là que la série fonctionne fort: on est face à du 100% humain, et ça change. Louis CK est très fort pour animer différents personnages aux points de vue très bourrins dans un débat, en nous glissant légèrement son point de vue mais sans oublier de faire valoir les autres, mêmes les non-politiquement corrects qu’on entend partout dans la rue mais jamais à la télé. On observe les forces, les faiblesses, les angoisses de l’homme, de manière crue. Et à cette époque où la forme prend souvent le dessus sur le fond, ça fait du bien.

On regrettera juste que la fin de la saison vire un peu trop au mélo (mais au vu des saisons 3 et 4 de Louie, ça semble un trait de CK qu’il faut accepter…).

Preacher

Tous les personnages devant la série posent avec l'église au loin

Basée sur des comics que je confesse (ho ho) ne pas avoir lu, Preacher m’a agréablement surpris. Avec Seth Rogen dans le trio aux manettes, j’avais peur que la série patauge un peu trop dans l’humour classique des films où l’on retrouve le bonhomme (que j’aime bien regarder une fois tous les trois mois mais qui m’aurait gonflé très vite dans une série). De ce point de vue la série est à la fois plus et moins subtile que là où je l’attendais. L’aspect violence physique et verbale très exagérée n’est pas sans rappeler Misfits (dont on retrouve d’ailleurs deux acteurs), mais l’humour prend aussi des tournures plus fines, avec dialogues à l’humour plus discret mais tout aussi efficace, et notamment sur tous les aspects se rapportant à Dieu qui m’ont fait penser à Dogma dans leur traitement et leur ton. Le tout saupoudré de scènes d’investigation un peu décalées aux relents de Fargo. Niveau influences on a fait plus dégueulasse. La réalisation est très bonne même si on sent à quelques instants que le budget n’a pas dû toujours être faramineux. Le rythme est correct, les épisodes ne sont pas de gros stéréotypes du genre, même si on échappe pas aux cliffhangers en fin d’épisode. La trame est parfois un peu fouillis et pas toujours super aboutie, mais ça reste franchement très divertissant à mater.

Better things

Sam et sa fille au supermarché

Avec Pamela Adlon et Louis CK (encooore) aux manettes et Pamela Adlon en personnage principal, on pouvait s’attendre à ce que Better things soit une sorte de Louie version girlie, et ce n’est pas loin d’être le cas. On suit la vie quotidienne de Sam, actrice ratée allant de pilote foireux en pilote foireux et gérant ses trois filles à la maison sans le papa. Humour de situation, famille un peu barge, problèmes du quotidien tournés en dérision, on retrouve bien la patte Louis CK. Niveau qualité d’écriture on est quand même en deça de Louie mais ça reste très regardable.

The night of

Naz lors d'un contrôle de police

Adaptation de la série anglaise Criminal Justice, The Night Of c’est l’histoire d’un élève modèle sans histoire qui voit sa vie partir totalement en vrille du jour au lendemain, et qui se retrouve un peu l’ennemi public numéro 1 et en taule. Pas de bol. Même si la série souffre d’une bonne dose d’exagération américaine assez attendue sur l’aspect incarcération, filon déjà souvent exploité dans un délire proche dans Oz ou Orange Is The New Black, ici le fait que tout ça soit mis en balance avec la manière dont la vie se poursuit à l’extérieur, du côté des familles et des avocats, amène une vision multiple qui permet d’éviter de trop sombrer dans le déjà vu. Sur tous les autres aspects, pas grand chose à redire, c’est très bien fait (la photo notamment est vraiment superbe)!

 

 

Si vous ne savez toujours pas quoi regarder, je vous conseille si ce n’est pas déjà fait de jeter un oeil à cet article (en anglais, désolé) que j’ai fait il y a déjà un moment sur des séries pas comme les autres, et qui globalement est toujours d’actualité!

 

N’hésitez pas à partager vos coups de coeur personnels de séries ayant commencé en 2016!

 

EDIT: un petit addendum ici avec des séries qu’on m’a suggéré à cet article.

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